Le Poisson d’avril est-il devenu le « boomer » du marketing ?

On ne va pas se mentir, cette année le 1er avril n’avait pas le goût d’un poisson fraichement pêché. Pourtant, dans les années 2010, c’était LE marronnier à attirer dans son filet, l’immanquable pour toute marque qui se respecte.
Alors, le poisson d’avril est-il devenu cet oncle un peu lourd qui ressort la même blague à chaque Noël ? Laisse-nous t’en dire plus.

Les premiers pas du poisson d’avril

Pour la petite piqûre de rappel, les marques ont commencé à mordre à l’hameçon dans les années 70-80. C’est BMW qui avait ouvert le bal avec le commencement de ses canulars annuels. 

Puis, la France a rejoint la file en nous proposant des pépites telles que la tour Eiffel déménageant à Disneyland en 1986 ou la découverte du village d’Astérix en Bretagne en 1993. 

Mais ça, c’était l’époque d’avant Internet, où il était bien plus facile de faire des blagues de cette ampleur pour que les gens y croient.

Qui a noyé le poisson cette année ?

Le constat est là. Cette année, nous avons le droit à plus de retours négatifs et moins d’engouement. Déjà, le « vu et revu » fatigue. Les faux produits sans queue ni tête (ni arête) auxquels personne ne croit ne font plus sourire. C’est la même chose pour de nouvelles gammes, nouveaux magasins, ou autres annonces incongrues qui sentent (un peu) le réchauffé. 

Le problème, c’est que nous évoluons dans un monde saturé de fake news et de contenus générés par IA. Tous les jours, le public doit déjà se battre pour démêler le vrai du faux face à des contenus paraissant toujours plus réels.   Alors si votre blague n’apporte rien d’autre qu’un mensonge, elle est perçue comme intrusive, voire paresseuse.  

Cela laisse peu de possibilités pour les marques. Faut-il continuer malgré tout ? Capituler ? 

Bien que nous n’ayons pas la solution miracle, nous pouvons vous assurer qu’aujourd’hui, pour émerger, il faut surprendre. Et pour ça, il faut être créatif ! 

On sort des sentiers battus et on offre de la valeur !

Les 5 campagnes qui ont gardé la ligne

Bonne nouvelle ! Malgré la lassitude ambiante, certaines marques ont réussi à transformer l’essai en jouant sur l’expérience, la nostalgie ou l’utilité. Et oui, il y a bel et une bien une petite lueur d’espoir !

Yahoo et le « Scroll Stoppr »

Crédit : TECHEBLOG

Yahoo nous propose un objet incongru mais génial : un embout de pouce qui empêche de scroller. Eh oui, avec ça au bout du pouce, impossible de scroller ! 

Vous êtes réticents ? Vous pouvez l’acheter ! Il vous suffit de vous rendre sur le TikTok shop de Yahoo ! Votre test sera possible pour la modique somme de 4,99$. 

En surfant sur la lutte contre le brainrot, Yahoo prouve qu’on peut faire une petite boutade tout en restant fidèle à sa promesse de marque. D’ailleurs, si vous souhaitez en savoir plus sur les brainrots, ça se passe juste là !

Bolt Food : Le « Snackbag » comestible

https://www.instagram.com/p/DWlAcJdjKJx

Un sac de livraison que l’on peut manger après sa commande ? On dit oui. Après tout, nous aimons tous finir notre repas par une petite douceur. 

Au risque de vous décevoir, il n’existait pas. Mais la marque s’était tout de même montrée généreuse avec des codes de réduction pour un dessert gratuit distribués en commentaires. 

La finalité : des clients satisfaits !

Dyson : le « Dyson Pet »

Instagram @dyson

Il semblerait que Dyson ait dévoilé une gamme dédiée à nos boules de poil préférées. La tête d’affiche ? Le Airwrap fur qui promet brillance, volume et détection des puces ! 

Le coup de génie, c’est qu’avant d’apercevoir une truffe, nul n’aurait pu se douter que cette chevelure de rêve n’était pas humaine. On est presque jaloux. 

En tout cas, on a eu le droit à un positionnement haut de gamme qui joue sur l’absurde tout en mettant en avant la performance technologique de la marque !

KFC : Le Colonel Sanders passe la main…

Crédit : Socialclub

Le 31 mars, nous avons eu le droit à un teasing mystérieux. KFC France a annoncé que le Colonel Sanders allait quitter son poste. Suite à cela, une offre d’emploi a été publiée sur Instagram et sur TikTok. 

Il a fallu attendre le 1er avril à 12h pour avoir la réponse sur ce mystérieux successeur, avec le remplacement des photos de profil sur tous les réseaux sociaux. 

Et le nouveau colonel n’était autre que : Colonel Reyel ! Oui oui, vous avez bien lu, ce chanteur culte des années 2010. 

Ce qu’on retient, c’est que cette activation 100% social media a misé sur le capital sympathie en s’appropriant les codes de la Gen Z et des Millenials, en misant sur la nostalgie pop !

RATP et la AIRATP

Crédit : DANSTAPUB

Si vous ne l’aviez pas vu passer, celle-ci vaut le détour ! 

La RATP a annoncé le lancement de AIRATP, sa compagnie aérienne 100% électrique avec vols au pass Navigo, classe debout et arrêt à la demande (rien que ça). 

Ce qui fait toute la force de cette activation, c’est la campagne d’affichage dans les stations. On avoue, ça peut pousser à se questionner !

Les clés d’une activation réussie

Alors, verdict ? Le poisson d’avril n’est pas mort. Mais il demande une certaine petite touche d’expertise pour être apprécié à sa juste valeur. Si vous voulez que ça morde l’année prochaine, laissez-nous vous filer deux ou trois appâts. 

Premièrement, on mise sur l’utilité. Faire une blague c’est bien, mais quand on peut la lier à un réel problème, fait de société, ou actualité, c’est mieux ! 

Ensuite, pensez phygital. Une blague 100% social media est bien plus éphémère qu’une blague qui s’affiche dans la rue. On n’oublie pas, l’objectif reste de marquer les esprits ! 

On ne va pas se mentir, on aime tous recevoir un petit cadeau de temps en temps. Profitez de cette occasion pour gâter un peu votre audience. Déjà parce que ça fait plaisir, mais aussi parce qu’après une petite blague, ça passe toujours mieux ! À vous les codes promos ou contenus exclusifs ! 

Enfin, misez sur l’émotion, la nostalgie, le storytelling… c’est beaucoup plus fun qu’un énième produit auquel personne ne croit ! 

Et si vous avez besoin d’un petit coup de patte, vous savez où venir frapper ! 😉